La rentrée approche et avec elle son lot de stress : se réhabituer à un rythme plus soutenu, redonner de la structure aux journées, absorber en quelques jours ce qui s’était doucement relâché pendant l’été et donc repartir sur les chapeaux de roue, plein de bonnes volontés.
Les bonnes volontés, parlons-en.
Ça part d’une bonne intention, on se prépare, on reprend l’agenda, on note les rendez-vous, on se dit que cette année ça va changer : on va se coucher enfin plus tôt, reprendre le sport, ne plus regarder ses mails le dimanche soir, ne plus scroller dans le lit, trouver un petit plus de temps pour soi, mieux manger, faire du batchcooking,… Tout ça, ça te parle ?
Septembre a cette énergie-là, une forme d’élan qui ressemble un peu à un deuxième 1er janvier : pour certains c’est enthousiasmant, toutes ces nouvelles promesses et pour d’autres c’est plus angoissant.
Puis, les semaines passent et vers la fin septembre on retrouve encore et toujours notre même fonctionnement, celui qu’on voulait changer et pire encore, on est épuisés.
Les bonnes intentions ne se sont pas envolées d’un coup, elles se sont juste effacées, laissées les unes après les autres, faute de temps dans ces journées à 100 à l’heure.
On a tendance à assimiler ça à un manque de volonté, ou à un problème d’organisation, et on se culpabilise.
Mais est-ce vraiment ça ? Et bien la bonne nouvelle : non, peut-être pas.
Peut-être que le problème n’est pas dans les résolutions en elles-mêmes : il peut-être dans ce qu’on demande à notre corps, à notre cerveau, alors qu’il n’est pas en état de le supporter.
On ne construit pas sur des fondations fissurées
Ce que j’ai compris au fil des années : on ne peut pas construire durablement sur des fondations bancales.
Et, c’est toute l’image qui va structurer mon travail cette année, alors autant la poser tout de suite.
Quand on veut changer quelque chose dans sa vie, on travaille en général avec la tête (les objectifs, la planification, la motivation, le mindset). Mais en fait, on ne fait que décorer une maison : on choisit les couleurs, on range, on déplace, c’est juste de l’aménagement, du superficiel. Et parfois même c’est trop, ça alourdit notre environnement.
Ce qui serait plus logique : c’est de d’abord couler les fondations, avant de construire, d’aménager, de rajouter des couches.
Et les fondations, moi j’appelle ça le corps, et plus précisément le système nerveux.
Parce qu’un système nerveux épuisé ou en alerte permanente, c’est comme bâtir sur du sable : la structure ne tiendra pas, quelle que soit la qualité du plan, quelle que soit la motivation.
Une personne épuisée n’arrive pas à tenir une nouvelle habitude, non pas parce qu’elle manque de discipline, mais parce que son organisme a d’autres priorités à l’instant t. Quand le corps est en mode survie, il gère l’heure qui vient, pas le trimestre, pas le long terme.
Alors, et si cette année, vous n’alliez pas ajouter une résolution de plus à la liste, mais plutôt préparer le terrain et l’assainir, pour avoir un terreau fertile où toutes vos résolutions, vos objectifs futurs pourront tenir ?
La rentrée qu’on subit, et celle qu’on vit
Il y a une différence assez nette entre subir septembre et vivre septembre, et cette différence, on la sent surtout dans le corps.
Vivre en pilote automatique, c’est enchaîner les journées sans trop savoir pourquoi, avancer sans avoir vraiment l’impression de mener quoi que ce soit, et se dire que c’est normal c’est une période chargée. Et ça, ça ne se voit pas de l’extérieur : on est souvent très efficace en pilote automatique, on coche les cases, on tient le planning.
Mais de l’intérieur, on ressent bien que quelque chose manque, cette sensation d’être passager de sa propre vie, et un épuisement qui s’installe petit à petit sans qu’on s’en aperçoive.
La rentrée amplifie ça, parce que tout redémarre en même temps et qu’il y a tellement à absorber qu’on n’a pas le temps de choisir. On répond, on s’adapte, on encaisse. Et quelques semaines plus tard on se retrouve épuisé et plus capable de tenir nos bonnes résolutions.
Il y a autre chose que j’ai compris au cours de ces dix dernières années, et elle change beaucoup de choses : le sujet, ce n’est peut-être pas le rythme, mais le choix et la récupération.
Je m’explique : le problème ce n’est pas d’avoir beaucoup à faire, mais c’est de le subir. On peut très bien choisir une vie à cent à l’heure, et l’aimer, tant qu’on ne le subit pas et pour ça, il y a une condition : se ménager des vrais temps de récupération, ceux qui permettent de repartir à cent à l’heure après. Et on peut aussi choisir une vie plus douce, plus posée.
En fait, chacun à sa définition de ce qu’il attend de la vie, et c’est très bien ainsi. Mais dans les deux cas, la récupération reste la clé pour tous, c’est celle qui évite de subir le rythme effréné comme celle qui évite de subir, dans une autre mesure une vie trop cool. En donc, de profiter durablement.
Ce que j’ai appris en me trompant dans les deux sens
Je peux en parler parce que je suis passée par ces deux pôles, et que ni l’un ni l’autre ne m’a convenu, car sans m’en rendre compte à un moment donné je subissais au lieu de vivre.
Il y a quelques années, j’étais étudiante puis avocate en droit des affaires. Sous pression en permanence, des dossiers, des délais, une intensité que je ne questionnais même plus : c’était devenu ma vie par défaut, celle que je subissais sans l’avoir vraiment choisie. La rentrée, dans ce monde-là, c’était la reprise à plein régime dès la première journée. Dans une vie comme ça, sans phase de récupération, et si en plus on n’aime pas ce qu’on fait, on ne tient pas longtemps. Mais ça je ne le savais pas.
Alors un jour, j’ai voulu tout ralentir. J’ai quitté le droit et je suis devenue prof de yoga. Sauf qu’à trop ralentir je me suis quand même éteinte, car ce n’était pas moi, j’aime quand même avoir une certaine intensité, des délais à tenir, des projets à mener.
Puis, je suis devenue maman et là j’ai retrouvé l’intensité mais pareil sans m’en rendre compte (en tout cas au début) j’ai subi ce nouveau rythme. Et je n’avais toujours pas compris l’importance de la vraie récupération et de la régulation.
Alors là depuis plusieurs mois, voilà où j’en suis, je réfléchis, je prends du recul. Et puis, j’ai fait une différence fondamentale entre le yoga classique que je pratiquais et la régulation du système nerveux.
La régulation du système nerveux c’est s’offrir des vraies phases de récupération, pour être en forme durablement et être en mesure de continuer à surfer sur la vague de la vie, de jongler entre toutes ses casquettes et ses obligations.
Et ça ça change totalement ma manière d’aborder la rentrée : ma pratique ce n’est plus une contrainte supplémentaire, qui parfois ne tient plus dans une vie trop remplie. C’est une manière de récupérer pour essayer d’être disponible et efficace pour les choses qui me tiennent à cœur.
Il y a un autre message que je voudrais faire passer cette année : c’est que la régulation n’est pas l’opposé de la performance : c’est plutôt ce qui la rend tenable dans la durée. On peut avoir une vie à cent à l’heure et apprendre à surfer sur la vague, sans forcément tout arrêter (sauf si c’est un choix bien évidemment ou une nécessité temporaire).
Disclaimer : c’est le bon moment, mes accompagnements cette année ne relève pas de la médecine, ni de la psychologie mais du mieux-être. Si vous sentez que vous vivez un trouble plus important, un suivi médical est nécessaire, mon accompagnement pouvant en être un complément mais jamais un remplacement, si c’est votre cas.
La vigilance qui ne redescend plus
Le système nerveux autonome, celui qui gère tout ce qu’on ne décide pas consciemment, fonctionne un peu comme un régulateur. Il monte quand il faut mobiliser des ressources (c’est ce qu’on appelle un bon stress, qui est nécessaire pour agir) et il redescend quand la situation le permet. C’est ce va-et-vient qui compte, bien plus que le niveau de stress en lui-même : être activé n’est pas forcément un problème, c’est même ce qui permet de travailler, de créer, de tenir une journée dense.
Le problème apparaît quand la descente ne se fait plus. Quand on enchaîne les journées à haut régime sans que le corps n’ait le temps de repasser en mode récupération, la vigilance devient une sorte de position par défaut. Et là, vous pouvez apercevoir des signaux : on reste tendu même le soir, on s’endort difficilement alors qu’on est épuisé, on se réveille à quatre heures du matin avec une liste de choses à faire qui se déroule toute seule, on a du mal à se concentrer sur une chose à la fois,…
Ce qu’on appelle « le stress de la rentrée », ce n’est peut-être pas que le fait d’avoir beaucoup à faire : c’est aussi ce cerveau qui reste allumé en permanence, cette impossibilité de redescendre entre deux sollicitations, tellement ces sollicitations peuvent être nombreuses.
Et c’est justement là qu’on peut agir. Pas sur la quantité de choses à faire, qui elle ne changera pas beaucoup en septembre, malheureusement, mais sur la vitesse à laquelle le corps sait revenir à un état plus posé après une sollicitation. Et c’est ça, la fondation sur laquelle on peut construire sa vie, pour revenir à mon idée de base.
Les signaux qu’on remarque souvent trop tard
Ce qui rend cette surcharge délicate à repérer, c’est qu’elle s’installe par paliers, petit à petit, et qu’on s’habitue à chacun. On finit par considérer comme normal un état qui, il y a six mois, nous aurait alerté.
Quelques signaux qui reviennent souvent :
- Se réveiller déjà fatiguée, avant même que la journée commence.
- Avoir besoin de plus en plus de café pour arriver au même endroit.
- Sentir la mâchoire serrée, les épaules remontées, sans savoir depuis quand.
- Réagir plus fort qu’on ne le voudrait à des choses assez petites, et s’en vouloir ensuite.
- Ne plus arriver à se poser le soir sans écran, parce que le silence rend la tête plus bruyante.
- Avoir la respiration courte, haute, sans jamais aller au bout de l’expiration.
Aucun de ces signaux n’est grave en soi, et chacun peut avoir mille causes. Mais quand plusieurs s’installent en même temps et durent, ils disent souvent la même chose : le système est resté en haut, et il n’a pas retrouvé le chemin pour redescendre.
Les repérer tôt, c’est ce qui peut tout changer. Parce qu’à ce stade, quelques minutes par jour peuvent suffire à inverser la tendance, alors que trois mois plus tard, il faudra peut-être beaucoup plus de temps et beaucoup plus de repos.
Ce que la yoga thérapie apporte à ce moment de l’année
Un cours de yoga collectif fait déjà énormément de bien à la rentrée, on a une heure pour soi, sans sollicitation, et ça c’est tellement appréciable. C’est pour ça que je continue d’en donner parce que j’y crois profondément : le groupe, le rendez-vous hebdomadaire, le fait de bouger et de respirer ensemble, c’est précieux, et pour beaucoup de personnes c’est exactement ce qu’il faut.
Mais pour d’autres il faudrait un peu plus.
La yoga thérapie, c’est une approche sœur, avec un angle différent. Elle part de vous plutôt que d’une séance construite pour tout un groupe. On regarde ce qui se passe précisément dans votre situation, votre sommeil, votre rythme, vos contraintes réelles, et on construit un protocole adapté à ça, car on a tous des vies, des envies et des objectifs différents.
Appliquée à la rentrée, ce n’est pas vous donner des postures pour se détendre : c’est aussi un travail plus précis sur la respiration et sur la régulation du système nerveux, pour que la transition se fasse sans que le corps ne s’épuise trop vite.
Concrètement, un accompagnement de rentrée peut vouloir dire :
- Identifier vos signaux de surcharge à vous, ceux que vous avez appris à ignorer, avant qu’ils ne s’installent pour la saison. Observer vos mécanismes, vos fonctionnements et chercher à comprendre ce qui peut déclencher cet état de stress.
- Apprendre des outils de régulation utilisables en quelques minutes, dans la vraie vie : entre deux réunions, dans la voiture avant de récupérer les enfants, aux toilettes du bureau si c’est le seul endroit calme de la journée. Pour faire de ces outils des véritables compagnons au quotidien sans attendre d’être sur votre tapis de yoga pour pouvoir pratiquer.
- Retrouver un rythme respiratoire accessible même au milieu d’une journée chargée, sans avoir besoin de vingt minutes devant soi.
- Reconstruire une routine courte et tenable, qui ne devienne pas une contrainte de plus dans un agenda déjà plein.
Ce dernier point, la routine courte et tenable, compte beaucoup, je trouve. Une pratique qu’on n’arrive pas à tenir ne vous aidera pas, et chercher à ajouter une heure de yoga par jour (ou de marche, de sport) à une vie déjà saturée, c’est souvent la garantie d’abandonner en trois semaines et de s’en vouloir. Ce qu’on cherche, c’est le plus petit geste au départ mais qui peut être quotidien, et qui fera vraiment la différence.
Quelques minutes plutôt qu’une heure
Ce qui surprend souvent les personnes qui commencent, c’est le format. On imagine la pratique comme un moment long, à part, avec une tenue et un tapis. Et parfois oui, c’est ça, et c’est très bien.
Mais la régulation, elle, se joue beaucoup dans les micro-moments. Une expiration allongée pendant trente secondes avant d’ouvrir sa boîte mail. Une respiration qui redescend dans le ventre pendant que la bouilloire chauffe. Un temps très court, les yeux fermés, entre le moment où on se gare et le moment où on entre dans la maison, pour ne pas ramener la journée entière avec soi.
Ce ne sont pas des astuces de gestion du temps : ce sont des interruptions du cycle de vigilance. À chaque fois qu’on redescend, même brièvement, on rappelle au système nerveux qu’il sait le faire. Et plus il le fait souvent, plus il le fait facilement.
Préparer la capacité à s’adapter, pas la rentrée
On ne peut pas faire grand-chose contre le fait que septembre soit dense. Les rendez-vous reprendront, les dossiers arriveront, les journées se rempliront.
Ce n’est peut-être pas la rentrée elle-même qu’il faut préparer, mais la capacité à s’y adapter sans s’épuiser trop vite. Ce n’est pas que ralentir : c’est aussi retrouver la souplesse de monter quand il faut monter, et de redescendre quand c’est possible. C’est ce qui permet, petit à petit, de passer d’une rentrée qu’on subit à une rentrée qu’on vit.
Et cette souplesse-là ne se décide pas dans la tête. On peut se répéter qu’il faudrait souffler, on peut le noter dans son agenda, ça ne suffit généralement pas. Elle se construit dans le corps, par la respiration, par le mouvement, par des repères concrets qu’on peut réutiliser seule, le jour où on en a besoin.
Les fondations d’abord. Le reste vient après, et il tient mieux.
Par où commencer, si ça vous parle
Il y a deux façons de s’y mettre, selon là où vous en êtes en ce moment.
D’abord, un premier pas en groupe : l’atelier « Préparer la rentrée ». Le samedi 29 août, de 10h à 11h30, j’anime un petit atelier de yoga thérapie au Vaudreuil, chez Chloro’feel, autour du stress et de la charge mentale. On y explore ensemble comment repérer ses signaux de surcharge, et surtout comment faire redescendre la pression, avec des outils simples : respiration, régulation du système nerveux. Vous repartez avec une pratique courte à installer chez vous. C’est une découverte accessible, même si vous n’avez jamais fait de yoga. Il y a 8 places seulement, à 30 € par personne. Pour réserver, il suffit de m’écrire à contact@amayayoga.fr.
Ensuite, pour aller plus loin à votre rythme : l’accompagnement individuel. Si vous voulez un travail construit pour votre situation à vous, je propose un accompagnement en yogathérapie autour de ces thèmes : un bilan de départ, un protocole pensé pour votre rythme, et des outils courts à réutiliser dans vos journées. Un premier échange sans engagement permet de voir si c’est adapté à ce que vous vivez (réserver un appel découverte gratuit).
Dans les deux cas, il s’agit d’une démarche de mieux-être et de prévention : elle complète un suivi médical ou psychologique, et ne le remplace pas.
Alors la question, celle par laquelle tout a commencé pour moi : cette rentrée qui arrive, est-ce que vous allez la vivre, ou est-ce que vous allez la subir ?